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lundi 8 novembre 2010

Le lièvre de Patagonie de Claude Lanzmann

Je suis enfin arrivée à lire ce livre dont j’entends parler depuis plus d’un an. Une lecture très riche, plutôt fouillis, couvrant un demi-siècle d’Histoire et d’histoires. Je ne connaissais pas du tout l’auteur et ses relations avec les sommités culturelles des années cinquante (Sartre et Beauvoir entre autres). Réflexions touchantes sur l’identité juive (il est juif athée) malgré une fascination gênante pour Tsahal. J’ai aimé les passages sur sa vie avec Sartre et Beauvoir, son histoire d’amour en Corée du Nord, et surtout, la genèse et la réalisation de son film de neuf heures, Shoah. Hyper intéressant. Il explique magnifiquement bien qu’il a voulu faire un film sur la mort, pas sur la (sur)vie des revenants des camps de concentration. Des passages très gonflés où il décrit comment il a recueilli des témoignages d’anciens nazis par la ruse, grâce à une petite caméra cachée.

Malheureusement, l’arrogance et la très haute idée que l’auteur a de lui-même m’ont gâché la lecture. OK, il est grand, beau, fort, intelligent, respecté, on a compris. Tout le monde l’adore, tout le monde le trouve génial, il appelle les grands de ce monde par leur prénom, la qualité de ses articles n’a jamais été égalée… Ereintant au bout de cinq pages - et il y en a sept cents. De la modestie, please !! La seule bouffée d’air frais, c’est quand il se traite lui-même d’imbécile (joie !) en décrivant une randonnée en montagne qui a failli très mal tourner du fait de sa désinvolture. J’aurais aimé plus de passages comme ça.

Un livre qui vaut néanmoins vraiment le coup pour le témoignage de toute une époque et les derniers chapitres sur Shoah.

mardi 20 juillet 2010

Fortune de France de Robert Merle

Formidable. Dans ce roman historique comme je les aime, nous suivons le périple de Pierre de Siorac, huguenot périgourdin et narrateur du récit, qui relate les bouleversements sociaux et religieux de la seconde moitié du XVIème siècle - période que je connais mal. Le tout très bien écrit dans une langue qui reprend des expressions colorées du français de l’époque. Génial.

Dans ce premier tome, le jeune Pierre évoque son enfance et principalement le personnage de son père, homme de guerre, médecin protestant et baron amoureux de la vie. La fin de l’histoire voit partir Pierre sur les chemins pour s’en aller faire sa médecine à Montpellier.

La série comporte treize volumes ! Hi hi !

lundi 12 juillet 2010

Rien de grave de Justine Lévy

Bon, je n’ai pas acheté ce livre pour de bonnes raisons. J’en entends parler depuis longtemps et j’avais envie de connaître les dessous du scandale : le mari de Justine Lévy l’a quittée pour Carla Bruni, avant que cette dernière épouse qui on sait. L’auteur est donc l’ex-femme de l’ex-mari de Carla Bruni (vous suivez ?).

Dans ce roman vengeur, quelques phrases au vitriol suffisent à la narratrice pour accabler l’ancien top-model et en tirer un portrait de mante religieuse insatiable, hypocrite de surcroît et « fouteuse de merde ». Elle ne s’étend pas sur sa rivale cependant mais se concentre sur sa relation avec son ex-mari qu’elle dépeint comme profondément immature et peu sûr de lui.

La narratrice se dépeint sans indulgence en fille à papa qui ne peut couper le cordon, qui refuse d’avoir ses règles (passage à l’état adulte) mais qui se trouve forcée d’assumer sa nouvelle situation de femme délaissée. Elle revient sur son avortement tardif, la lente et inexorable plongée dans la drogue, le « vide » qu’elle ressent après sa rupture.

Beaucoup de style indirect libre, des dialogues sans guillemets, rendant le texte très parlé, très direct. Un texte qui « s’écoute. »

J’ai beaucoup aimé le personnage de la grand-mère bourgeoise en jean, fofolle et touchante. Les relations avec les membres de sa famille sont ce qu’elle raconte le mieux je trouve.

Bref, pas inintéressant du tout.